L'ACTUALITÉ DE L'APEL
Rythmes scolaires : des présidentes d'Apel témoignent
Nathalie Legrand
présidente de l’Apel de l’Institut Montalembert à Nogent-sur-Marne (94)
présidente de l’Apel de l’Institut Montalembert à Nogent-sur-Marne (94)
« Faisons confiance aux équipes éducatives ! »
« À l’institut Montalembert de Nogent-sur-Marne, nous sommes passés à la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2012. Convaincue de l’intérêt d’un réaménagement du temps scolaire, la directrice a décidé d’alléger les quatre journées de classe, et de faire travailler les élèves une demi- journée supplémentaire – le mercredi matin – trois semaines sur quatre. Après deux ans d’expérimentation, il semble que cette réorganisation ait effectivement été bénéfique aux apprentissages, sans pour autant avoir d’impact négatif sur la fatigue des enfants. Après une importante levée de boucliers, du fait d’une décision imposée, les familles ont finalement réussi à s’organiser et les tensions se sont, pour la plupart, apaisées. Il aurait sans doute été préférable d’associer les parents à la réflexion, ou au moins de mieux leur expliquer les raisons d’un tel choix. Je pense néanmoins que nous devons faire confiance aux équipes éducatives, puisque nous avons fait le choix de l’Enseignement catholique. Il faut les suivre lorsqu’elles prennent une décision qui va dans le sens du bien de l’enfant, en acceptant de nous adapter à de nouvelles contraintes. »
présidente de l’Apel de Notre-Dame des Lys à Saint- Jean-Les-Deux-Jumeaux (77)
« Depuis que je suis mieux informée sur le sujet, mon avis sur la réforme a évolué »
« Avant d’être bien informée sur le sujet, j’avais un avis plutôt négatif sur la réforme des rythmes scolaires, sans doute influencée par la façon dont les médias se sont emparés du sujet. J’ai eu la chance d’être conviée par ma direction diocésaine à lajournée organisée par le Secrétariat général de l’Enseignement catholique sur les rythmes scolaires, et cela m’a permis de mieux comprendre les enjeux de la réforme. Si la mise en place de la semaine de quatre jours et demi est effectivement compliquée et pose de nombreuses questions d’organisation et de financement, il ne faut pas oublier que cette réforme a été initiée dans l’intérêt de l’enfant. J’ai été contente de découvrir qu’un enfant n’avait pas les mêmes capacités d’apprentissage tout au long de la journée, et que la façon dont le temps scolaire était organisé pouvait favoriser ou non ces apprentissages. Quel dommage que le débat ait été si mal orienté par les médias ! Les familles sont insuffisamment informées sur ces questions, elles pensent donc d’abord aux problèmes d’organisation que cela va poser si leur enfant doit aller à l’école le mercredi matin. A Notre-Dame des Lys, un questionnaire préparé par la direction de l’établissement et l’Apel a été envoyé aux familles pour évoquer les hypothèses d’une nouvelle organisation et recueillir leur avis. La grande majorité des parents a exprimé le souhait de rester à la semaine de quatre jours. Je comprends les difficultés d’organisation des familles, leur inquiétude quant à la fatigue des enfants ou au coût supplémentaire que pourrait occasionner un changement de rythme. Mais je pense que nous aurions intérêt à mettre en place un vrai débat, et surtout à mieux expliquer aux familles où est l’intérêt de l’enfant. Les établissements de l’Enseignement catholique ont la chance de pouvoir prendre le temps de la réflexion, de ne pas être soumis aux mêmes contraintes que ceux du public. Cela vaut le coup de prendre le sujet à bras le corps et d’essayer d’envisager d’autres possibilités, pour le bien des enfants ! ».